Stress oxydant et antioxydants — Joël Pincemail

Dans cet ouvrage dense et très technique, Joël Pincemail explore en profondeur le phénomène du stress oxydant. Ce n’est pas un livre “captivant” au sens narratif du terme — il faut s’accrocher, vraiment — mais il apporte un éclairage rigoureux et précieux sur un sujet souvent simplifié à l’excès.
Il rappelle combien l’équilibre entre production de radicaux libres et défenses antioxydantes est subtil — un équilibre vivant, dynamique, qui peut facilement se rompre et favoriser inflammation, vieillissement cellulaire ou risques cardiovasculaires.
Un éclairage global et nuancé
Ce que je retiens :
Les bilans sanguins de stress oxydant peuvent être utiles, oui. Je les regarde régulièrement avec mes patients. Mais ils ne racontent jamais toute l’histoire.
Aucun marqueur ne “diagnostique” un stress oxydant à lui seul.
Il faut toujours revenir au terrain : alimentation, mode de vie, inflammation, fatigue, sommeil, historique personnel, charge mentale…
C’est ce regard global qui fait sens. Et j’ai aimé que l’auteur le rappelle aussi fortement.
Autre point que je trouve essentiel — et que j’intègre beaucoup dans mes accompagnements : les radicaux libres ne sont pas les méchants de service.
En petite quantité, ils sont indispensables : ils participent à l’hormèse, stimulent nos mécanismes d’adaptation, contribuent même à l’apoptose des cellules malades.
Démoniser les radicaux libres n’a aucun sens ; c’est l’excès qui pose problème.
Le rôle incontournable de l’hygiène de vie
Pincemail insiste (et j’ai souri en lisant ces passages, parce que j’aurais pu les écrire) : nos défenses antioxydantes se nourrissent d’abord de notre hygiène de vie.
Bouger, dormir, respirer, manger vivant.
Des fondamentaux trop simples pour être à la mode… mais incroyablement puissants.
Un détail qui m’a interpellée et que j’observe aussi souvent : les femmes, en général, consomment plus de fruits et légumes que les hommes. Elles ont donc souvent une alimentation naturellement plus riche en vitamine C.
Ce qui fait que la complémentation en vitamine C à haute dose peut devenir inutile, voire nocive chez elles.
Encore une raison de sortir du “plus = mieux”.
Mes conseils après cette lecture
Cette lecture m’a renforcée dans une conviction que je porte profondément, autant comme naturopathe que comme enseignante :
l’alimentation reste notre premier médicament.
Avant de penser “antioxydants en gélules”, revenons à l’essentiel.
👉 On ne prend pas la vitamine C en pilule quand un fruit frais la délivre avec fibres, polyphénols et équilibre.
👉 On ne prend pas du bêta-carotène isolé : on mange des patates douces, des carottes, du potimarron, des abricots…
👉 On ne cherche pas un antioxydant précis : on met de la couleur dans l’assiette, de la diversité, du vivant.
L’automédication en antioxydants n’est jamais anodine. Mauvaise molécule, mauvais dosage, mauvais moment — et c’est la cacophonie dans le corps.
Là encore : contexte, nuance, individualisation.
En résumé,
mangeons coloré, vivant, diversifié !
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